Camels and Dogs

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[ Aujourd'hui, la route de la soie et celle de l'ivoire sont surtout empruntées par des reporters, des idéalistes romantiques, des touristes fortunés ou par des mercenaires. Tout comme jadis, ces grands chemins drainent leur lot de légendes,
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  Camels and DogsUn entretien avec George Rotbers.2001publié chez Archée : revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculturehttp://www.archee.qc.ca---------------------------------------I - La route de la soie[ Aujourd'hui, la route de la soie et celle de l'ivoire sont surtoutempruntées par des reporters, des idéalistes romantiques, des touristesfortunés ou par des mercenaires. Tout comme jadis, ces grands cheminsdrainent leur lot de légendes, de poussière et de coupe-jarrets. Là oùsifflait autrefois la lame du cimeterre, ce sont les balles des Uziset des Kalachnikovs qui fendent l'air et il y a gros à parier que, tapidans les frondaisons de l'arbre d'ibn Adam, Loxley affûte les lignes decode qui saperont les fondations de Fort Aldous. ]George Rotbers : Trois ans se sont écoulés depuis notre dernièrerencontre; trois années et la table carrée, siège et complice de nosprécédentes conversations, s'est métamorphosée, selon votre expressionen "Vaisseau du Désert".Surprenante image lorsque l'on sait que vous faites ainsi allusion autravail entrepris depuis lors dans l'espace du réseau Internet.Clément Thomas : Un Vaisseau du Désert, ... ce n'est pas si simple quecelà, mais on peut partir de là, oui; le nomadisme est un desleitmotives de notre époque, ce qui fait que le Désert en question estplutôt surpeuplé; et vu que le réseau et ses outils permettent d'êtreactif et sont accessibles de plus en plus facilement, il suffit decombiner ces éléments à ce que nous savons des comportements de l'hommeen société pour obtenir un vaste territoire dominé par le vacarme d'uneagitation totale et permanente. Cette surface constamment agitée, c'estla première peau du réseau, et sa qualité la plus remarquable est sansaucun doute sa "pilosité passionnelle" : on a vite fait de se retrouverun couteau en main ou entre les omoplates (rires). C'est intéressantn'est-ce pas, il suffit de mettre une idée en circulation pour que ladiscussion finisse à coups de poings. (agitation des bras, crochets,uppercuts et rires à nouveau)Parce que c'est la passion qui domine tout ça - comme tout le reste dansnotre culture d'ailleurs - mais là, on a un avantage de taille : lecontact direct et permanent (à un cheveu près). Quelqu'un ditquelque chose et Baff ! c'est la bagarre; la bagarre pleine de bonssentiments, cela va de soi. (rires)George Rotbers : On ne peut tout de même pas réduire l'activité du  réseau internet à une foire d'empoigne !Clément Thomas : Bien sûr que si. Il suffit tout simplement de biennourrir l'idée. Nous avons parlé de Vaisseau du Désert, eh bien lapremière chose à faire, c'est d'embarquer le chameau et le chien dans lacaravane. Vous savez, le réseau a été créé pour permettre un échanged'informations et de connaissances; mais il faut garder à l'esprit quece sont des scientifiques et des universitaires qui ont mis au pointl'outil dans ce but précis. Alors évidemment, vu de l'endroit où je metrouve, c'est à dire d'un point de vue nettement moins pratique, leréseau - pour peu que l'on ne se contente pas de considérer le médiumcomme finalité - fonctionne comme un surgénérateur de matière et dechaos : l'information, le langage, toute la matière du réseau, tout estmalaxé à tours de bras, un peu comme dans la broyeuse de chocolat sivous voulez. Voila pourquoi je pense que le chameau et le chien sontembarqués ensemble. Après tout, on peut très bien envisager uneproduction en réseau combinant arpèges de chiens et entrechats dechameaux. (dandinements et jappements, rires encore)George Rotbers : J'aimerais que nous parlions de votre activité au seindu réseau. Pour certains artistes, le net.art est mort depuis plus d'unan. Quelle est votre point de vue sur la question ?Clément Thomas : Bah ! La mort de l'art net a été proclamée par unecatégorie d'artistes du net. Cela signifie que la première générationd'artistes a posé les bases d'un type d'art lié à l'utilisation duréseau et de l'ordinateur dans ce contexte, et c'est aussi une manièrede dire que l'âge d'Or, celui des pionniers, est passé. Disons que çamet un peu de sel dans la soupe de l'histoire de l'art. Le net.art estmort ? Très bien ! Voilà une page qu'il n'est plus utile d'écrire.Pour ma part, je pense que tant que le ring est installé, il fautcontinuer l'entraînement. L'art en ligne, aujourd'hui, est un sport decombat; tout y est affaire de combinaisons, d'enchaînements et de style.On peut le comparer à l'art de la guerre : positions clés, mouvementsrapides, souplesse, territorialité. Créer sur le réseau, c'est inventerdes pôles de façon à générer de l'activité sur les axes et auxintersections. Ce qui compte, c'est la circulation de l'énergie, etaucun générateur ne doit être négligé. Savez-vous que la bêtise est undes pôles les plus productifs de matière informative ? (rires)Georges Rotbers : Vous êtes passé d'une production artistiquetraditionnelle à une production en réseau. Considérez-vous ce changementde mode comme une rupture avec vos travaux antérieurs ?Clément Thomas : Vous savez, j'ai la conviction que, depuis le début, jetourne autour du même pot. Je crois que notre civilisation est polariséepar la tragédie grecque et la comedia dell'arte, et que la dérive dusens comme l'érosion des grands systèmes de pensée ont fini par laisserun peu de place à un assouplissement des styles au point qu'il n'est pas  impensable d'imaginer Iphigénie comme partenaire idéale d'Arlecchino.Alors, s'en remettre à un fabricant de conserves pour définir la qualitéde la matière picturale d'un tableau et laisser toute latitude à unmoteur de recherche pour ce qui est de l'approvisionnement en matièreinformative brute des unités de production de pavu.com, celà participe d'uneapproche des choses essentielles reposant sur une confiance absolue enl'humanité dans ces domaines de pointe.On peut dire que le passage de l'Impouvoir à l'En-gArde demande aux idéesun peu d'agilité et au spectateur un effort de double vue; après tout,la délecture du monde et le plining font excellent ménage.II - pavu.com : L'Art véritable de Fente( un échange de passes en swift-mode )Georges Rotbers : L'essentiel de votre travail en ligne se fait au seinde pavu.com.pavu.com, what is ?Clément Thomas : La chose la plus juste que l'on puisse dire de pavu.comc'est : "the next route plining !".Georges Rotbers : Ce fameux Plining a été mis au point par les membresexécutifs de pavu.com. Quelle est la particularité de cette technologie?Clément Thomas : Vous savez, les idées sont fluides par essence. Pourleur donner forme, la méthode la plus commune consiste à les verser dansune poèle à frire, à les cuire d'un côté, puis de l'autre afin de lesrendre propres à la consommation. Le Plining consiste à en cuire latroisième face. Ce qui signifie en d'autres termes que lorsque nousdevons faire face à une situation et que deux alternatives seprésentent, nous optons toujours pour la troisième.Georges Rotbers : En corrompant les points de fuite, ne risquez vous pasde brouiller l'écoute de vos auditeurs et de manquer votre cible ?Clément Thomas : Jamais ! Si nous pratiquons l'art de la Main Soupledont l'enseignement n'abstrait pas l'exercice de l'esquive, nous gardonsà l'esprit qu'à cette école, il importe avant tout d'éviter lessituations figées, aussi préférons-nous laisser à d'autres la pratiquede la vérité de taille pour nous concentrer sur l'art véritable defente.George Rotbers : Cette souplesse ne pêche-t-elle pas par excès humoral ?Clément Thomas : Vous n'êtes pas sans savoir que les rengorgements duréseau ne sont pas imputables qu'à la largeur de la bande. Les caillotsles plus importants sont la conséquence, disons, d'un excès de graissesméningées et d'un manque d'huile de vision.  Georges Rotbers : Nombreux sont les net-artistes et les "professionnelsde l'art" qui cherchent un point de jonction entre leurs pratiquesrespectives. A pavu.com, quelle solution préconisez-vous ?Clément Thomas : La poterie. Nous avons réuni les meilleures écuries decompétition pour permettre aux amateurs de pratiquer ce sport à un trèshaut niveau.Georges Rotbers : A propos de sport, Messieurs Halgand recommande auxskippers débutants de prendre garde aux sautes de vents fréquentes ettraitresses. Selon lui, tout changement de bord implique un retourviolent de baume du tigre.Clément Thomas : Je suis d'accord avec cette analyse. La navigation danscertains secteurs du réseau se fait encore à vue et la carte des ventsest sujette à de fréquents remaniements. Steam-Packs et embrocationssont par conséquent plus qu'impératifs pour qui ne voyage pas enGod-mode.Greorge Rotbers : Territorialité - c'est une des clés de l'engagement depavu.com. Ces territoires libres - les fameux GNou Found Lands - sedémarquent radicalement de tous les projets de figuration géographiqueou onirique du réseau (maps, rhizomes ...). Quel en est le modèle defonctionnement ?Clément Thomas : Le goban.George Rotbers : ET Collecting ?Clément Thomas : Goban aussi (rires suivi de rasades).George Rotbers : Le NELia s'impose par sa simplicité et sonirréductibilité à un business plan artistique. Quelle est la force de cemarché naissant ?Clément Thomas : Sur le NELia, la myopie n'est pas un handicap.George Rotbers : Je crois que nous pouvons finir sur cette entorse aufocus.Mercy clément Thomas.Clément Thomas : Merci.George Rotbers - un entretien avec clément Thomas - St Paulet/Paris - Août/ Octobre 2001
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